Les photos sont ici
Bon, bah ça a été cette nuit à la belle étoile avec mon duvet parce qu’il y avait un petit vent frais quand même, et les boules Quies. On avait un peu peur que les dromadaires ne squattent juste à coté de nous mais non, même pas. Le soleil se lève tôt par ici et nous aussi. La douche on oublie, c’est micro coup de lingette vraiment là où on en a besoin et basta. Idem pour les toilettes, les endroits appropriés sont rares voir même inexistants et à la lumière du jour, on se rend compte à quel point c’est crade à cause de l’absence total d’aménagement. Les gardes armés et les militaires patrouillent dans le camp mais on ne se sent pas vraiment en insécurité. On dirait plus des gosses qui tiennent des fusils qu’autre chose. On a préparé notre sac pour notre deuxième nuit de bivouac en haut du volcan et qui sera porté par les dromadaires. Le reste: l’eau, la crème solaire, ce sera pour nous. Petit déjeuner avec le café éthiopien et du pain maison avant de prendre la route. On est tous bien couverts: pas tant parce qu’il fait froid mais plutôt pour se protéger du soleil alors qu’on serait si bien en short et débardeur. Un vent chaud nous aère agréablement et c’est tranquillement qu’on commence l’ascension. 500m de dénivelé, mais tellement en douceur qu’on ne le sent pas vraiment passer. On marche entre les coulées de lave, toujours derrière Moussa notre guide sourd et muet. Ça évitera les problèmes de communication….
Des pauses régulières, les paysages se ressemblent au fur et à mesure de la marche, un peu comme au piton de la fournaise. Pas de grosse discordance dans les allures du groupe et en 3h on atteint le camp au sommet du volcan, toujours encadré de nos gardes armés mais à la cool. Toujours zéro aménagement là haut, sauf quelques petites maisons de pierre de lave, au toit en bois et à la bâche plastifiée fixée à la ficelle de cuisine. Simple mais aérées et donc particulièrement agréable avec la chaleur qui commence à monter. Pour la douche, on oublie encore, on va dire que même si on le voulait, les possibilités de se déshabiller quelque part sans être vu sont totalement nulles. Déjà pour faire pipi c’est très limité, de toute façon il suffit de suivre les bouteilles plastiques et les restes de PQ et autres lingettes. De partout, il y a toujours un garde pour nous surveiller, pudique s’abstenir… Ça va que c’est une chaleur sèche où on transpire peu. Et la poussière fait office de shampoing naturel…
Les chambres sont réparties, on pose notre bache plastique par terre puis nos matelas. Pas de repos tout de suite, on descend dans le cratère pour admirer le volcan de plus près. De jour, une immense fumée blanche se dégage du trou au fond du cratère et en fonction du vent, on peut apercevoir la lave en fusion. Le seul problème c’est quand le vent tourne d’un coup et qu’on se prend cette fumée de soufre en pleine figure: yeux qui piquent et grosse quinte de toux en perspective!!! Dangereux et pas du tout agréable, ça limite un peu l’observation du brouillard toxique. On suit Moussa de près d’autant que les coulées de lave sur lesquelles on marche sont assez récentes et donc très fragiles. On finit par prendre un peu de hauteur sur une montagne de soufre et on peut du coup admirer au mieux le cratère, les coulées d’âges différentes, la fumée….
Retour au campement, les dromadaires viennent à peine d’arriver avec notre cuistot et la nourriture qui va avec. J’en profite pour me reposer un peu avant le déjeuner dans une des cabanes. Tous serrés sur nos tabourets en plastique d’ikéa, petite salade pour nous requinquer avant l’heure de la sieste obligatoire. 16h, c’est l’heure de faire le tour de la caldeira. Je m’équipe, les vapeurs d’acide sulfurique n’ont pas beaucoup aidé mes poumons: écharpes et eau, ce seront mes seuls remparts. On part vers le versant nord, toujours accompagnés par nos guides armés jusqu’aux dents, en tenue militaire de rigueur. Mais on les prend en photo sans problème et ils prennent même la pose fiers de parer avec leurs fusils. On se rapproche d’un deuxième cratère formé il y a à peine un mois. En fonction du vent on se fait vite enfumé et c’est rapidement insupportable, alors on remonte. On continue le tour, il y a de rares versants de volcan avec de la verdure. On rejoint le premier cratère de ce matin, avec le soleil qui descend doucement. Toujours cette fumée acre et opaque qui nous empêche de voir quoi que ce soit, ou juste la cheminée qui fume avec la lave au fond. On entend gronder la lave, comme des vagues qui se jettent sur les roches. Puis soudain, ça se dégage et ….. Au putain sa mère!!!! Oui oui, là je suis obligée de jurer tellement le spectacle sera dur à décrire. Marée de lave en fusion, avec jets orangés, grondements féroces et quelques retour précipités à cause du soufre qui nous brule les yeux et la gorge, c’est par moment irrespirable.
Mais déjà il faut renter pour le diner. Apéro, soupe, pâtes et fruits puis on redescend voir le cratère de nuit. La lueur rouge nous guide ainsi que nos lampes torches, tous en file indienne derrière Moussa. Mais le spectacle ne sera pas au rendez vous ce soir. La fumée c’est faite plus épaisse encore, les vapeurs nous assaillent encore plus et on a réussi à avoir quelques rares prises de vues. Tant pis, on en a déjà bien profité cet après midi, alors c’est bon! Retour au camp, les pauses toilettes sont de plus en plus complexes, à la lumière des gardes qui nous surveillent et le peu d’endroits où on arrive à sentir un peu d’intimité. On est tous complètement crade, les cheveux tiennent tout seul, plus que 2 autres nuits de bivouac avec celle là. Pas de prote à notre cabane, je mets les boules quiès et le bandeau, le réveil sera rude demain matin.