La route pour Tofo

Après négociation, l’heure du levé était fixé  à 6h30 pour un départ à 7h30 vu qu’il n’y avait pas de tentes à démonter cette nuit. Certains se sont couchés tard cette nuit dont Duan. 7h15, tout le monde est près, sauf Duan qui n’est pas encore levé, et le petit déjeuner n’est pas sorti. Pas de pain, eau pas chaude, ça commence à raller dans le groupe car certes on voulait se lever plus tard, mais là on aurait aimé en profiter!!! On part donc avec 1h de retard dans le programme avec comme objectif Tofo sur la côte. Premier arrêt dans une petite ville pour faire le marché et acheter de quoi manger pour midi. On sent que les portugais sont passés par là. Rues larges à angle droit, bâtiments rectangulaires… Dans le marché, quelques tomates, oignons, on trouve aussi du manioc que l’on peut manger cru ou cuit. Un peu plus loin une petite cours où continue le marché. Hommes et femmes sont assis ça et là et je me fais aborder par un jeune homme. En 2 minutes de discussion, j’ai déjà droit à un « I love You », puis une demande en mariage. Comme je refuse, bah oui, on se connait à peine, il me propose de donner 10 vaches à mes parents. Ouais…. Les vaches ce n’est pas très pratique à envoyer en colis en métropole!!! Je lui brise donc le coeur et m’en vais rejoindre les autres.

On poursuit un peu plus loin sur la route par une visite d’une église méthodiste très sobre. Des noix sont tombées et comme on veut les gouter, on les casse à la pierre pour récupérer une minuscule noix. On en ramène quelques unes pour l’apéro. Dernier arrêt pour le midi où on commence enfin à voir la mer à Quissico. Duan nous raconte un peu l’histoire du Mozambique proche de la statue de Samora Machel, un genre de Ché Guevara local. Autour, les murs sont décorés de peintures et Julie me dit, oh, ils ont des surfs!!! Ah non Julie, ça se sont des boucliers de guerriers…….

La mer au loin, les lagunes toutes proches, on s’arrête pour pique niquer. Des locaux nous accompagnent dans un petit village reculé qui nous mène aux lagunes. Un des jeunes qui nous accompagne monte sur un cocotier à mains nues, via des entailles faites dans l’arbre, et pousse les noix de coco avec les pieds. On se recule pour ne pas s’en prendre une sur la tête puis ils les taillent afin qu’on puisse en boire le jus. On goute ensuite la pulpe toute gluante et on continue de traverser le village. La plage est jonchée de petites herbes, pas un touriste, l’eau de chaque coté, c’est magique. On se baigne et l’eau ne monte qu’aux genoux. On se pose un peu, certaines essaient de voir pour combien de vaches elles pourraient être demandées en mariage… Ça fait du bien cette séance baignade sur la route.

On reprend la piste, Julie et moi dans le 4*4, toujours en posant pleins de questions à Duan, puis au fur et à mesure on s’endort à l’arrière, sauf Julie devant qui voit Duan piquer du nez. On est réveillé par le malaise et on pousse Duan à s’arrêter quelque part pour faire une pause. Comme on a pris du retard, le soleil se couche et conduire de nuit ne semble pas la meilleure option surtout quand les chauffeurs sont fatigués de s’être couchés trop tard. On stop donc à une station service avant Inhamabane pour faire le plein de soda, je me prends un coca. On fini la route sans encombre mais les yeux grands ouverts. On arrive enfin à Tofo, un spot touristique au bord de l’océan indien dans un hôtel et camping où on monte les tentes dans le sable et dans la nuit. Fort de nos émotions, on va se réconforter avec une bière locale mais au moment de prendre mes sous: où donc bien passé mon porte monnaie avec argent et carte de crédit??? Je fouille mon sac 3 fois, le 4*4 pareil mais rien y fait, il a disparu. Je fais le tour du camping, je vais dehors mais rien, que dalle, nada. Putain!!!!!!!!!!! Encore!!!!!!!!!! Grrrrrrr grrrrr et re grrrrr….. Faut s’y résoudre, soit il est malencontreusement tombé à la station service, soit on me l’a volé… Je me résous à appeler la banque pour faire opposition, mais pas de réseau suffisant pour permettre un appel!!! Pareil pour les parents, alors j’essaie par internet mais de même, connexion de grrrr grrr et regrrrrr. J’essaie les textos: ahhh ça passe!!!! Maman va pouvoir s’en occuper, ouf…. En même temps, c’est pas comme si ils l’avaient déjà fait quand j’étais au Chili l’année dernière…… Et puis je me dis que ce n’est pas si grave, Julie va pouvoir me prêter de l’argent, et ma carte pourra être envoyée à la Réunion. J’avais un peu d’euros dans un autre porte monnaie (pas folle la guêpe!), donc je devrais pouvoir m’en sortir.

On s’en va dans un restaurant local, dans la nuit car il y a une coupure de courant généralisée dans toute la ville. Ambiance chandelles, bouteille de rhum locale, et moral pas vraiment à la hausse. Au menu ce sera poisson, normal vu l’océan juste à côté. Les autres en profite pour faire du change, moi non, mais on sait pourquoi…

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