Du coté de A.: …….
Après une bonne nuit de sommeil sous une couette chaude et à l’abris du vent et de la pluie, nous commençons avec AL notre journée avec pour premier objectif : récupérer la voiture laissée au début du trek du Cerro Castillo il y’a maintenant 4 jours à Las horquetas. C’est donc en stop, que nous espérons ne pas devoir marcher les 17 km qui nous séparent de notre graal, et ainsi, poursuivre notre aventure. Au bout de 40 minutes d’attente, voyant quelques rares voitures passer devant nous mais ne s’arrêtant pas, on constate que nous sommes de plus en plus nombreux aux différents points stratégiques du parfait auto-stoppeur. Bien que le soleil soit au rendez-vous, le vent frais nous refroidit très rapidement à rester comme de (belles) statues le pouce fièrement mis en l’air et en valeur ! Nous avons alors croisé notre co-dormeuse du dortoire nous précisant que le patron du gîte où nous avions dormi, le Nordic Patagonia, l’a amené plusieurs fois à différents endroits sans aucun soucis ! Nous décidons donc que AL repart au gîte demander son aide pendant que je reste au même point de chute dans l’espoir d’être prise en stop (au cas où). Coup de bol ! Trois minutes après que AL soit partie, une voiture de 2 chiliennes s’arrête et m’emmène gracieusement jusqu’à la voiture. Super la journée commence plutôt bien et je me dépêche de la récupérer… si seulement…. Entrer dans la voiture est une chose.. mais la faire démarrer en est une autre… aucun bruit, aucun signal… et là.. c’est le drame… Je constate que nous avions laissé les feux allumés.. pendant donc 4 jours !! Je me retrouve donc sur un parking désert en plein milieu de la pampa avec la route principale passant non loin, après tout… Je prends donc la décision de courir au check-in de l’entrée du parc national du Cerro Castillo afin que le garde puisse, peut être, me venir en aide… dans un magnifique SpanGlish que j’arrive à maitriser à ma façon. Il m’explique que lui non plus n’a pas de réseau téléphonique et qu’il accepte à titre exceptionnel de me laisser un seul et unique coup de fil avec son téléphone satellite (quel chance me direz-vous…). Sauf que je sais que AL n’a pas de réseau non plus et je ne connais pas le numéro de l’auberge Nordic Patagonia, et à ce que je sache, un téléphone satellite n’a pas encore le wifi et Messenger.. ah ah…
Bon… bien que désolée pour moi, cette pauvre âme ne peut donc m’aider d’avantage.. Je retourne donc en courant au parking en me disant que, peut être, ayant une voiture automatique, je n’ai juste pas compris comment elle s’allumait… C’est là, qu’en arrivant à la voiture, je constate sur la route en direction de la sortie,, mes futurs sauveurs… Je cours donc à travers champs, agitant les bras comme un chimpanzé en plein milieu de la pampa vers une voiture où il est écrit dessus « S.W.I.A.T carabinieros de chile ».. Dans un espagnol parfait (merci google traduction), je leur explique que ma voiture n’a plus de batterie. Ils vérifient, constatent que le coffre ne s’ouvre pas non plus puisqu’elle est entièrement électrique.. Ils sont donc passés par l’arrière des sièges pour vérifier le dessous du coffre si, par miracle, il y aurait des pinces… Ça aurait été trop beau pour être vrai… il n’y en a pas. On se comprend entre quelques mots d’espagnol et quelques mots d’anglais, pour me dire d’attendre (en même temps je peux pas aller bien loin..) car ils vont chercher des câbles, sirènes hurlantes ! Magnifique.. en 30 minutes ils sont revenus avec de quoi recharger la batterie… Je peux donc au bout d’environ 2h repartir avec la voiture… Direction l’auberge où AL m’attend patiemment, et sagement, avec nos sacs à dos..
Du côté d’AL.: ……
Patiemment, patiemment, elle en a de bonnes la miss….. De retour à l’auberge, en effet, un des gérants avait accepté de nous emmener avec sa voiture au parking pour récupérer la notre moyennant quelques pesos, mais arrivée au poste de stop de A., elle n’y était plus. Je rentre donc me dorer la pilule au soleil, elle en a au moins pour une heure, juste le temps de passer un petit coup de téléphone à la famille. Le temps passe, le soleil tape, mais toujours pas de A. Mais qu’est ce qu’elle fait? 1h10, 1H20, 1h40: toujours pas de A. 1h45: je me dis que si elle n’est pas là au bout de 2h, là je commencerais vraiment à m’inquiéter. Le stop est plutôt sûr au Chili, les locaux le pratique souvent. Mais bon, sait-on jamais…. Ou peut être y a t-il un problème avec la voiture? Vu ses fabuleuses notions d’espagnol et d’anglais: j’ai peur. Vraiment très peur. 2h d’attente, ça devient trop long, je demande à nouveau au gérant de m’emmener au parking de Las Horquetas, car il s’est forcément passé quelque chose. 15 minutes après avoir pris la route, coup de téléphone au gars: A. est revenue vivante, et avec la voiture. La suite, vous la connaissez.
On met donc les sacs dans la voiture et on prend la route vite fait car en raison des travaux, plus aucun passage n’est possible après 14h. D’abord sur du goudron, puis rapidement la piste avec son lot de nids de poule apparait. Pour 100km, il nous faudra plus de 2h pour rejoindre Puerto Rio Tranquillo, dans un décors digne des plus grands films hollywoodiens. Arrivées en ville, quelle déception…. Ce petit bout de terre est envahi par les touristes, avec rabatteurs à l’entrée de la ville pour visiter les Capito de Marmol, THE attraction de la ville. Multiples stands pour les excursions, on aura le choix. Vu l’ambiance, on commence à avoir peur de ne pas trouver ni de logement, ni de pouvoir réserver les excursions prévues. On essaie un puis deux puis trois agences: pas de place avant jeudi, vendredi ou samedi prochain. Aie, je réfléchis à un plan B. Finalement, on arrive à réserver la première excursion pour jeudi (laquelle? surprise…..), la deuxième pour demain et la troisième pour vendredi. L’agenda est booké, reste plus qu’à trouver une auberge pour 4 nuits après une halte à la pizzeria du coin pour reprendre des forces. Une auberge, puis 2, puis 4, puis 6 plus tard: tout est complet!!!! Et l’idée d’une nuit en tente ne nous ravie guère. À la 7ième, il y a un cabanon de libre, au bout d’un chemin, mais pour 50000 pesos la nuit. Aie Aie Aie, ça fait mal au budget. De plus, les lits ne sont libres que ce soir. Bon tant pis, il nous faut bien un endroit. On prend le cabanon, et on file en ville frapper aux autres portes pour réserver pour les 3 autres nuits. 1 puis 2, puis on craque sur le premier disponible, même si c’est cher, car on n’a pas vraiment le choix.
Une fois installées dans notre petite maisonnette, je file à la laverie du coin déposer quelques vêtements empestant le fennec malade mal dégrossi malgré le savon de Marseille. Puis se pose la question du feu: nous femmes, nous pas savoir allumer feu. J’avoue, on n’avait pas l’air très maligne, assises devant le poêle, à bruler du papier en espérant que la buche prenne feu. Mais malgré tout, notre brillante intelligence de femmes nous a permis de l’avoir, ce fameux feu, en allant cherche un homme. Bon, le gars d’à côté nous a montré la bouteille de pétrole (of course, le tricheur !) et les buches planquées dans une caisse à l’extérieur…. Il est temps de se reposer, la journée a été riche en émotion, certaines ont vidé leurs surrénales, d’autres ont pris des coup de soleil. Demain, y aura du beau !