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Très sommaire cette auberge: tout y est grand ouvert, du portail à l’accueil, n’importe qui peut y rentrer. Mais ne voyant pas de casiers sécurisés, les voleurs doivent se faire rares dans le coin… Même sur le petit carré de pelouse dehors, il y a trop peu de chaises. Au matin, tout le monde s’affaire en cuisine pour se préparer son petit déjeuner, et nous aussi. Ce matin on se rend au parc Tierro del Fuego, se situant à peine à 10 km à l’Ouest d’Ushuaia et à la frontière chilienne. Pour s’y rendre, on n’a pas d’autres choix que de prendre les bus des compagnies privées dont on avait déjà acheté les tickets pour cher vu le peu de trajet. Un seul kiosque mais pourtant une bonne dizaine de compagnies différentes roulant en mini van blanc. On trouve le notre et on décolle à l’heure. La route n’est qu’une piste, il nous faudra que 20 minutes pour atteindre l’entrée du parc où tout le monde débarque pour payer son billet d’entrée (560 pesos par jour). Puis retour dans le bus où on s’arrêtera à l’arrêt Alakush, au bord du lac Acigami. On doit d’abord s’enregistrer avant d’aller faire le trek du cerro Guacano. Hum, ça ne présage rien de bon pour une randonnée décrite par les autres français faites en 4h.
On démarre par un bout de piste avec arrêt sur le point de vue du lac, splendide avec les nuages en fond. On continue un peu sur 1km avant de démarrer vraiment le début du sentier, dans la forêt. Le sentier est annoncé en 4h aller, ça change tout! On commence déjà à bien grimper, entre les racines des arbres, A. me devance assez vite mais je la suis à la trace. On monte, on monte, les cuisses commencent à chauffer. Au bout de 45 minutes, on regarde où on est, et on est loin d’avoir fini…. On est obligé de dézoomer la carte du téléphone pour voir le bout…. Soit, on ne perd pas courage , et on continue de grimper. Enfin le premier point de vue, sur fond de lac et de montagnes enneigées. La vue en vaut la peine, cela nous donne du courage pour continuer. On poursuit entre les arbres morts dont les branches ne poussent que dans le sens du vent. La boue commence à arriver sur le chemin, on évite de ci de là les zones dangereuses, mais des fois, on ne peut pas… Je crois qu’on n’a jamais été aussi contentes de nos chaussures imperméables et de nos bâtons de marche! La forêt prend fin, la plaine commence, on voit les tourbières mais surtout le long liséré fin sur la montagne en face avec quelques randonneurs dessus, et le bout de la rando. Ah….. C’est là, là haut… Et bah on a pas fini!
La tourbière, c’est, comment dire… Spongieux. Chaque pas s’accompagne de splosh ou d’un splash. On essaie d’éviter les zones boueuses voir gadoueuses, encore quelques centaines de mètres avant d’arriver sur l’autre flanc de montagne, caillouteuse à souhait. Ça grimpe et ça grimpe sec. On commence à fatiguer, on s’arrête souvent et on se sent bien seules. Le bout semble encore bien loin, mais on avance vraiment?? Quelques gouttes de pluie tombent, mais juste quelques unes et heureusement car il n’y a rien pour s’abriter avant 2h de marche. Enfin le voilà le sommet, à 973m d’altitude. On a froid, on a faim, on a soif. Donc on mange, on boit, et on renfile toutes nos couches. Point photos, faut dire, la vue est indescriptible tellement c’est beau. C’est bien dommage que le wifi déconne ce soir, vous n’allez pas pouvoir en profiter aussi. Mais non, je déconne. On remballe vite fait après une grosse séance photos et c’est parti pour la descente. Il nous aura fallu 3h10 pour monter, et 5h30 au total. On espérait pouvoir randonner un peu plus dans le parc après mais en fait on est claquées…. Et on a encore de la marche jusqu’à la station de bus. On décide de prendre le bus de 16h40 (on était assez limitées dans le choix des horaires: c’était soit 16h40, soit 18h30, c’est tout). Micro pause pour acheter un gouter avant de rentrer sur Ushuaia.
Dernières courses pour dépenser les quelques sous qu’il nous reste avant de rentrer au Chili demain: on pensait en avoir pleins, mais quelques timbres plus tard, et bien il ne nous restait plus grand chose. Même pas de quoi se faire une gargote. Du coup pizza, bières et un encas pour demain dans le bus. Il reste 150 pesos, A. me propose de prendre d’autres bières…. On est sur la même longueur d’ondes!!