Voilà plus d’un mois maintenant que j’ai déménagé à la Réunion pour retrouver mon équipe, mon hopital. Petite maison dans les hauteurs de saint paul, ici on boit le soleil se coucher sur la mer tous les soirs. Il fait bon, il fait chaud et pourtant, depuis plus de 10 jours, on vit ici la plus grosse crise qui ait jamais existé. On en parle un peu dans les médias, mais pas trop non plus: voici mon quotidien depuis le 17 novembre.
Samedi 17, des blocages étaient annoncés sur toute l’île. Et une île, c’est assez particulier de s’y deplacer: une grande quatre voir passe de saint Pierre au sud jusqu’à saint Benoît à l’est en passant par saint paul et saint denis. Elle longe la mer car au milieu de l’île, on a la montagne et ces cirques magnifiques. Du coup en dehors de cette quatre voies, on roule sur de la petite route de montagne et dans les bas vers les plages. Alors dès qui ne route est bloquée, on est vite bloqué pour passer. Il faut alors s’armer de patience sur des routes déjà souvent embouteillée.
Toutes les marchandises: alimentation, essence, vêtements…. transitent par la ville du port. C’est de là qu’arrivent tous les containers transitant ces marchandises. Si on on bloqué le port, on paralyse toute l’île. Heureusement les plans cyclones permettent d’avoir des réserves allant jusqu’à 45 jours, mais pas de frais.
Lundi 19, quand je suis partie bosser, les routes étaient désertes. Pas de barrage pour moi, j’ai la chance de pouvoir les contourner. Saint paul ressemblait à une ville morte, tous les commerces étaient fermé. Mardi pareil, ceux habitants plus loin, sur saint Gilles ou saint leu rencontrent des difficultés à passer les barrages. En soirée les gens sont souvent alcoolisé et donc plus agressifs. Racket, vols de téléphone dans les voitures, violence, parfois même notre caducee de médecin ne suffit pas, mais on vient quand même, en partant plus tôt, en rentrant plus tard. Et puis comme tout le monde, on apprend qu’il y a eu des émeutes au port, des feux de poubelles, des feux dans la savanne. Des collègues habitant au port on vu leur voiture brûlée, les magasins pillés, ça à été le début du couvre feu.
On nous annonce alors quai vu des violences, en cas de déplacement dans la nuit pour aller à l’hôpital, on devra se faire accompagner dune ambulance!! Mourant de chez moi, tout semble si paisible…. On scrute les infos 10 fois par jours sur linfo.re, clicanoo et zinfo974. C’est tout se qu’on a.
Les écoles sont fermés, les parents s’organisent comme ils peuvent. De toute façon la plupart des entreprises sont fermées. Cool des vacances?? Oui mais pour faire quoi? Barrages pour aller à la plage, pénurie d’essence, administration fermé, couvre feu…. On tourne en rond chez soi.
Les blocages fun jour ne sont pas ceux de demain, on tourne au ralenti à l’hôpital, on commence à travailler en procédure dégradée avant de finalement déclencher le plan blanc depuis 2 jours.
Pour les courses, mieux valait avoir des stocks chez soi!!! Interdiction de vente d’alcool, lève aujourd’hui, afin de limiter les débordements. Après c’est au petit bonheur la chance pour savoir quel supermarché sera ouvert et qu’est ce qu’on y trouvera à l’intérieur. Pour l’instant, on a de quoi tenir. Mais encore faut il avoir suffisamment de gaz pour cuisiner: pénurie complète sur toute la réunion, et ici, on cuisine au gaz (car quand y a cyclone, ya plus d’électricité…).
Enfin il y a aussi la collecte des déchets…. très aléatoire en ce moment.
En résumé, c’est une vrai crise et on vit au ralenti. J’espère juste que ça va s’apaiser car en attendant, on ne sort plus, on ne va plus au sport…