Les caravanes de sels

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Troisième nuit à la belle étoile…. plus qu’une avant la vrai douche. On se lève tôt pour une longue journée de marche dans les gorges par lesquelles passent les caravanes de sel jusque Amedila. On commence par un petit tour dans le village où on a passé la nuit et son école. Ce n’est pas encore l’heure des leçons mais ça n’empêche pas les enfants de rentrer en classe pour nous chanter derrière leur pupitres leur chant d’accueil. Le professeur reçoit crayons et cahiers et nous repartons pour notre longue randonnée de 15km en pente descendante douce.
Terres arides, on est habillé pour les circonstances car il va faire chaud, très chaud et il faut se protéger du soleil car l’ombre se fait rare dans le coin: chapeau, manches longues et vieilles baskets pour les nombreuses traversées du cours d’eau qui chemine dans la gorge. Nous sommes accompagnés de notre policier du jour, toujours armé ainsi que d’un âne chargé de packs d’eau de secours. Pauvre bête… On marche tranquillement, le soleil chauffe vite. Certains mettent leurs sur-chaussures étanches, on dirait des cosmonautes! Pour d’autres comme moi, ce sera plutôt vieilles baskets car mine de rien, la traversée les pieds dans l’eau, par 40°C, c’est loin d’être si désagréable!!!! On traîne même les pieds dans la rivière tellement on a chaud. On fait de nombreuses pauses, la première dans un bassin d’eau. On n’a pas été beaucoup à hésiter une seule seconde à se mettre à l’eau!!! Hop, le maillot, le savon, la serviette, a y est on est propre!! L’eau est bien fraîche, on se sent ragaillardis! Deuxième pause in the middle of nowhere. Enfin presque, il y a un papi à l’ombre avec son petit feu qui vend son thé et son café aux caravaniers…. Pas con…

Et puis bien sûr, on croise les caravaniers: des dizaines de dromadaires chargés de centaines de kilos de sel, les uns à la suite des autres, une ficelle allant de la queue d’un dromadaire à la bouche d’un autre. Les ânes sont tout autant chargés et avancent à coup de bâton. Plusieurs groupes arrivent en même temps et le convoi est exceptionnel. Plus loin, des locaux cherchent de l’or….Mouais…

6h de marche et on arrive au site de pause, avec ses palmiers et les paillasses qui nous attendent pour la sieste. De mieux en mieux, en plus de manger, on a aussi de la bière, et ça, ça n’a pas de prix! Grosse sieste à l’ombre des palmiers puis on repart voir une dernière caravane. En effet, Tafé nous prévient qu’il n’y en aura sûrement pas demain car il existe quelques conflits internes entre les producteurs locaux, le prix du sel….. En résumé, ce sera jour de grève demain du coup on risque de ne pas les voir travailler le sel et charger les dromadaires.

Après une dernière caravane, installation du campement. On nous installé une « douche », c’est à dire un bidon d’eau avec un seau à l’asiatique. Moi ça me va, mais les autres…. Idem pour les toilettes, on nous installe une chaise percée en plastique avec des sachets plastiques de recueil à usage unique. Inédit mais bien pratique parce qu’entre les 4 jours de bivouac et le régime sans résidus, on est tous un peu coincé, d’autant que les petits coins où être tranquille sont rarissime. Et je ne parle même pas de l’hygiène des mains…. Les mouches nous suivent à la trace. Pour certains, les conditions du voyage commencent à devenir difficile voir intenable. Bon bah on avait été prévenu et dès demain, on sera dans des hôtels. Les batteries commencent à ne plus tenir non plus.

Dîner avec soupe, pâtes et choux, et une dernière bouteille de vin éthiopien. 

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