L’aventure malgache

Bon il ne fallait pas rêver, hein, je me suis faite défoncer pendant la nuit. Cette saleté de moustique m’a grésillé dans les oreilles toute la nuit et d’autres bestioles m’ont piquer partout.. Y en a marre d’être un bout de viande!!!!! On reprend la navigation pour la dernière partie du fleuve. Sophie nous a prévenues, la journée sera longue: petit déjeuner 7h30, déjeuner 10h30 (non il n’y a pas de faute de frappe dans le chiffre…), puis on retrouve nos chauffeurs, on prend la nationale 8, enfin la piste numéro 8 en direction du Nord pour Bekopaka pour une durée d’environ 6h pour 100km. La saison des pluies n’est pas encore complètement terminé, et il risque d’y avoir quelques passages difficiles.

10h30 c’est un peu tôt pour déjeuner, mais bon, faut ce qu’il faut… On fait nos adieux à l’équipage, presque aussi nombreux que nous! Puis installation dans les 4*4 après avoir une dernière fois profiter des paysages de baobabs le long du fleuve. On aperçoit un bac à notre arriver, qui sera du même style que celui que l’on devra prendre juste avant d’arriver au village de Bekopaka. On s’arrête dans un restaurant, pas pour déjeuner hein, mais pour commander nos repas pour le retour. Puis passage à la pharmacie pour Céline la petite jeune du groupe qui se fait encore plus dévorer que moi par les bestioles. Elle s’est réveillée avec un oeil qu’elle ne pouvait plus ouvrir pour cause de piqure, et idem sur la lèvre. Je ne parle même pas des bras et des jambes. Pas très efficace ces produits!!! Du coup la guide est complètement affolée et veut absolument nous acheter une bombe anti-bestioles en tout genre. Moi je ne suis pas contre puisque je partage la chambre et que je me fais aussi dévorer…

On débute la piste. C’est chaotique, mais pas aussi catastrophique qu’annoncé, d’autant que j’ai déjà expérimenté les pistes malgaches. On fait les 70 km tranquille, avec des pauses régulières. Guy notre chauffeur, et l’un des 2 chauffeur est un as du volant. Il connait la piste par coeur! Quelques zones humides, mais il y a souvent une « déviation » pour la contourner. On arrivera finalement peut être plus tôt que prévu? Et avec la piscine annoncé, on s’y voit déjà! D’autant qu’il fait traies chaud et que les quelques pauses les pieds dans l’eau ne sont pas malvenues!!! Mais Guy nous annonce que le pus dur reste à venir. Moua, 30 km, ça devrait aller, non? Ou pas….

 Et là, ça commence…. Il y a de véritable piscine à traverser. Guy ne s’énerve pas et on traverse une première zone un peu dure, dans la boue bien fraiche, puis une deuxième juste après. Heureusement que l’on ne croise personne! On s’en sort de peu, mais une voiture est arrêtée. Après approfondissement, cette voiture est arrêtée parce qu’une autre encore avant est elle complètement bloquée au milieu de la bouillasse. Et tant que celle-ci n’est pas sortie, celle avant nous ne peut pas passer, ni nous, ni l’autre 4*4 qui suit… Et bizarrement, au milieu de nul part, il y a beaucoup, beaucoup de villageois… Que des hommes… Qui regardent ce qu’il se passe, mais sans rien faire… La tentation est trop grande, malgré la bouillasse, certaines sortent pour aller voir le spectacle. Pas aisé, en tongs, de marcher dans la boue bien, bien glissante: alors out, on est toute pid nus, et tant pis pour les bestioles. On traverse la piscine naturelle tant bien que mal, et on se positionne pour des vidéos collector. De l’autre coté, il y’a aussi des voitures qui attendent de passer dans l’autre sens. Mais vu le mal qu’on a eu pour arriver jusque là, ils vont devoir attendre un moment, n’en déplaise à certains qui se croient au dessus de tout, comme un mec qui n’arrête pas de râler!! Eh, mec, si tu voulais aller vite sur des routes goudronnées, il e fallait pas choisir Madagascar pour tes vacances!!

Le temps passe, la voiture est toujours bloquée, et on commence un peu à comprendre la mentalité à la campagne. Ici, pas de police, ce sont les gens des campagnes qui dictent leur loi. Et comme c’est une route assez fréquentée des touristes, riches par principe, pourquoi aider gratuitement à entretenir les routes alors qu’on peut se faire quelques Ariary en aidant à dégager les voitures embourbées??? Du coup ça négocie sévère pour les chauffeurs. Une fois le tarif fixé, exorbitant dans la plupart des cas, les locaux daignent enfin aider, au nombre d’une bonne quinzaine!! Certains encerclent la voiture, d’autres prennent la corde pour extirper la voiture hors du champ de bataille, d’autres la font valdinguer de gauche à droite pour permettre de dégager les roues. Et enfin, le 4*4 peut sortir de l’enfer. Bon, il n’y a plus qu’à faire passer les 6 autres voitures qui attendent derrière, sachant que chaque pneu qui passe ne fait que creuser un peu plus le trou existant… C’est à notre tour, Guy à bien évaluer la profondeur de la marre et ô miracle, il passe sans s’enfoncer!! Youhou!!! Mais ce n’est pas le cas de Voira, l’autre chauffeur… Et c’est reparti pour un tour, mais cette fois notre 4*4 va aussi tracter celui de Voira… 30 km encore, c’est bien ça…?? Gloups…

On se renseigne un peu sur la suite, et ça n’augure rien de bon: certains sont partis à 8h du matin, ils attendent leur tour, il est 16h30… Toutes les techniques sont bonnes pour truander un peu plus. Par exemple un peu plus loin, un autre passage difficile dans le même style. A coté, une « déviation », mais pas n’importe laquelle: celle-là est à péage. Les habitants du coin ont créé une route annexe en coupant les bois, du coup, si on veut passer, et bah il faut payer. Là encore, négociation sévère pour les 2 véhicules, les billets volent…

Encore un peu plus loin, là ce n’est plus une piscine mais un fleuve qu’il faut traverser!! Impossible comme ça dévaluer ce qu’il y a en dessous de l’eau. Donc Guy descend et marche dans le fleuve pour évaluer les profondeurs, et donc le meilleur chemin à prendre pour ne pas s’embourber. A peine arrivé, une meute de malgaches sortent de nul part, machette à la main, pas de quoi vraiment nous rassurer, nous pauvres blanches… Guy est loin, on flippe un peu d’autant qu’ils nous regardent avec insistance, scrutant ce qu’il y a dans la voiture: le nombre de sac, les appareils photos… Petit coup de fermeture sécurisé des protes, on a hâte que l’autre 4*4 nous rejoigne!!! Bon après on a su qu’on ne craignait pas grand chose, les machettes étant une habitudes du coin, permettant de couper les arbustes qui gênent. Mouais, je ne me baladerais quand même pas en solo par ici!!

Guy, notre chauffeur hors pair qui a tout traverser sans s’embourber, contrairement à tous les autres, nous indique sont inquiétude quant au passage: c’est pas bon signe. Cette fois ci on est restée dans la voiture…. Mais on n’a as réussi à aller jusqu’au bout: ça y est c’est à notre tour d’être coincé. Et là impossible de se faire tracter d’une part parce qu’on est loin de tout endroit tractable, et en plus il n’y a personne devant nous… Après cette traversée ratée mais digne d’un Dakar!!! Négociation et tout le tralala, on est toujours dans la voiture qui se retrouve encerclée et avec de l’hile de coude et pas mal de glissade on passe enfin. Le même cirque se poursuit sur les autres voitures, même si au préalable Guy et Sophie avaient essayé tant bien que mal de combler les plus gros trous avec des branches et des troncs… 

2h ça nous a pris, pour seulement 10km…. Il commence à faire nuit, il nous reste encore quelques kilomètres et un bac à prendre. L’aventure n’est pourtant pas fini, et oui. Au moment de mettre la voiture de Voira sur le bac, elle cale. Et elle ne démarre plus. Faut dire que tous ces plongeons ont forcément eu un impact. Du coup on traverse le fleuve sur le bac, mais pour en sortir, avec une côte, qui est sablonneuse, de nuit… Il va falloir tracter! Premier essai, la corde lâche. Deuxième essai, idem. La troisième sera la bonne, libérant enfin le bac pour les autres qui attendent.

On arrive enfin à l’hôtel, le grand hôtel des tsingy, usées, crevées, les voitures dégoulinantes de boues, nous aussi d’ailleurs. Vite, une douche, à manger et au lit!! Mais avant de s’endormir, on pense que pour le retour, il faudra reprendre cette route…

Les photos sont ici du 13 au 15 avril: https://goo.gl/photos/3rr1w23hJ4KxrL2w7

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