Bon en effet il a fait très très chaud, je vais peut être dormir sur le bateau ce soir!! On va donc continuer aujourd’hui notre descente du fleuve mais d’abord on s’en va visiter le village d’à côté. A peine débarquer les enfants du village nous sautent dessus. Leur but ultime: nous tenir la main, parce qu’ils sont très fières après d’avoir tenu la main, même quelques secondes d’un vahaza… Le village est plutôt grand et on y voit encore la trace de la colonisation française à l’époque où on y cultivait du tabac. Ici tous les bâtiments un peu en dur, administratifs, écoles ou dispensaire datent de l’époque coloniale. Et tout comme chez, les fonctionnaires ne sont pas ultra débordé devant leur machine à écrire…
Beaucoup d’enfants à nous accompagner, mais pas beaucoup sur les bancs de l’école. L’école est microscopique, un seul professeur et une seule classe de 15 élèves. Comme ici c’est payant, c’est assez dur pour les habitants d’avoir les moyens d’emmener tous leurs 6-7 enfants en classe… Le professeur est tout fier de nous montrer sa classe et fait la leçon pour des élèves studieux se préparant à l’entrée en 6e. On les laisse, on passe par le marché où on croise 2 femmes avec le masque de beauté fait de bois de santal (tout comme à Mayotte ou en Birmanie). Retour au bateau en croisant un hôtel. Enfin… ici hôtel veut plutôt dire restaurant!!
La descente du fleuve se poursuit paisiblement à la recherche du crocodile. Il faut en avoir de bons yeux pour les apercevoir parmi les fourrés!! Mais les malgaches sont là et ils ont finis par en débusquer un, petit, qui se reposait tranquillement… Descendre le fleuve, c’est assez technique car il faut savoir éviter les bans de sable que l’on ne voit pas vraiment très bien dans cette eau couleur ocre. Alors des fois, on voit les hommes plonger à l’eau et pousser le bateau qui est coincé. Et comme on ne voit pas le sable, c’est assez perturbant de les voir avec de l’eau jusqu’à mi-cuisse!!! De quoi faire quelques photos assez étonnantes!!
Visite d’un dernier village, nettement moins grand que celui de ce matin: le but était de voir des baobabs. On en a déjà vu quelques uns le long du fleuve, par ci par là. On descend sur terre, enfin sur sable et tout de suite, comme d’habitude, on est accueilli par tous les enfants (ça en devient usant même à la fin d’avoir autant de monde autour de soi alors qu’on veut juste se faire les plus discrets possible…). Ils vivent ici de la culture de la cacahuète qui sera ensuite importée en Chine à bon prix. Pas de télé ni de téléphone, hein!!! Les femmes battent le maïs pour ensuite le faire cuire, une bonne attraction pour les touristes. On nous fait aussi voir l’intérieur de la maison du chaman. Très simple, un simple lit, les enfants dorment à même la terre battue. Moi ça ne me met pas très à l’aise ce voyeurisme… Et le baobab que l’on devait voir? Et bien il vient juste d’être abattu par les habitants parce qu’il menaçait de s’écrouler, enfin c’est ce qu’ils disent…
On s’installe juste en face pour le campement du soir, et après cette journée et un deuxième jour de bivouac, on ne rêve que d’une chose: une bonne douche. Alors le fleuve à coté nous appelle, d’autant que tous les locaux s’y baignent et s’y lavent… Pas de crocodiles dans le coin, on ne résiste pas: tout le monde à l’eau ou presque!! L’eau arrive jusqu’à mi mollet, un peu sableuse pour le rinçage… Au loin il pleut: arc en ciel et dégradé de bleu dans le ciel! Puis diner et au dodo. Mais pas de tente pour moi ce soir, il fait bien trop chaud!! A la place, j’installe le matelas au coin du feu avec mon sac à viande, je m’asperge de tous les produits anti moustiques en priant de ne pas trop me faire dévorer cette nuit…
Les photos sont ici du 13 au 15 avril: https://goo.gl/photos/3rr1w23hJ4KxrL2w7