Chronique des mes emmerdes au Chili.

12 Aout : début de réécriture du blog.

 

Après 3 jours de dépression intense, 24h de bus pour retourner à Santiago, j’ai de nouveau la niaque et une furieuse envie de massacrer mes voleurs. Le premier problème a été de trouver de l’argent. Sans carte de crédit et sans argent liquide, ça devient vite compliqué. La police est d’une incompétence totale et hormis me remettre à l’auberge où j’étais et proposer que ma famille leurs virent de l’argent pour ensuite me le refiler, ils ne font pas grand-chose. Et c’est sûr qu’après m’être faite tout voler, je vais sûrement leur faire confiance pour me verser l’argent mis sur leur compte. Ils n’ont même pas été foutu d’écrire correctement mon nom ni ma date de naissance sur le rapport de police, c’est dire !! Le consulat n’est d’aucune aide non plus, vous comprenez, de Santiago, qu’est ce qu’ils pourraient bien faire ?? Il y a bien un système pour envoyer de l’argent dans le monde, Western Union mais vous allez vite comprendre le problème.  Pour retirer sur Western Union, il faut un passeport pour prouver mon identité. Hors pour avoir un passeport, il me faut des sous pour aller au consulat français de Santiago. Donc on tourne en rond. Sans compter que le vol a eu lieu samedi, dimanche, c’est fermé, et lundi, bah c’était jour férié à Iquique !!! Alors comment je fais ? Je fais la manche dans la rue avec les autres clodos ?? Heureusement l’auberge était cool, ils ont juste pris le numéro de carte de papa maman, débité comme si je payais l’hôtel avec et me voilà donc avec un peu de cash.

 

Deuxième problème : contacter les parents, mes précieux géniteurs qui m’aideront même quand j’aurais 50 ans, mais qui bien sûr était encore en vacances bien que sur le départ, en Hollande. En camping, donc sans connexion internet permanente pour un Skype. Et comme je n’ai plus de téléphone, je ne pouvais pas les appeler. Et tant qu’ils n’étaient pas au courant, pas de cash pour manger au soir. Heureusement il y a des ordinateurs à l’auberge donc un message sur Facebook et un mail groupé à tous mes amis ou toute personne susceptible  de regarder ces mails à 22h le soir en France. Après 10 minutes d’attente angoissante, Sainte Camille a répondu à mon appel et téléphoné à mes parents pour les avertir et les faire se connecter. Ça y est, je suis un peu sauvée et surtout, blocage de ma carte auprès de la banque. J’étais à deux doigts de devoir quémander de la nourriture à l’auberge.

Fiça, quelques sous en poche, pas question d’attendre plus longtemps à Iquique, je prends donc le premier bus en partance pour Santiago avec un trajet de 25h. C’est long, surtout sans livre, musique, jeux, film, …

 

Je fais alors le point sur le contenu de mon sac :

  • Ordinateur Macbook Air et son chargeur
  • Téléphone Samsung S5, avec livre, GPS, musique, photos, contacts, carte SIM, agenda, réveil…
  • Appareil photo hybride Sony alpha NEX  5 avec son deuxième zoom, sa carte mémoire 16Go et son étui
  • Toutes les photos et vidéos depuis le 20 juin 2015, date de la dernière sauvegarde.
  • Gopro Héro 3 et sa carte 32 Go
  • Adaptateur multiprise
  • Porte monnaie des Philippines et ses 70 000 pesos
  • Autre porte monnaie des Philippines avec sa carte de crédit, 300 USD, 30 euros, et autres argent de Malaisie…
  • Boîte à savon de Turquie et ses médicaments
  • Stylo et fluo
  • Cadenas
  • Boules Quies et ma petite boîte Doodle toute cabossée et bandeau de nuit
  • Baume du tigre
  • Lunettes de vue
  • Lunettes de soleil
  • Lunettes de soleil de vue
  • Bonbons
  • Echarpe
  • Eau gazeuse
  • Guide du routard du Chili de Caro
  • Guide de conversation espagnol
  • Ecouteurs
  • Crème solaire
  • Crème hydratante petit pot
  • Lampe de poche
  • Passeport avec tous mes précieux visas accumulés ces 7 derniers mois…
  • Permis de conduire
  • Carte de niveau de plongé PADI et CMAS
  • Pochette pour planquer mes affaires dans le bus, prête à l’emploi, et de fabrication maison
  • Papier à envoyer à l’assurance pour me faire rembourser les frais du pare-brise cassé en Australie …

 

Et sur mon ordinateur :

  • Tous les articles du blog
  • Mes comptes depuis 7 mois
  • Des heures de films…

 

J’arrive donc dimanche soir à 23h à Santiago, au fond du trou. Première mission du lundi matin : l’ambassade de France. Je n’ai pas de rendez-vous d’arrivé sur ma boîte mail, mais je ne vais pas attendre non plus. Je me pointe donc comme une fleur. Un peu beaucoup d’attente, je pensais pourtant que le vol de papiers d’identité serait prioritaire face au changement d’adresse d’une double nationalité, mais bon. Pas complètement débile et un peu prévoyante malgré tout, tous mes papiers genre passeport et permis de conduire avaient été scannés et mis sur Google Drive : c’est plus pratique. Il y a donc d’abord la déclaration de vol, puis la demande de passeport avec photo d’identité à l’appareil bas de gamme et au bureau, donc merci la photo pourrie que je vais me coltiner pendant 10 ans. La seule bonne nouvelle étant que par contre, celle de mon permis de conduire va enfin disparaitre !!! J’ai fait refaire la photo, on croyait vraiment que je sortais de prison sur la première. Par contre, les passeports, ils sont faits en France et à l’approche du 15 Aout, autant dire que je ne vais pas le recevoir tout de suite. Il faut compter 2 à 3 semaines sachant que les colis n’arrivent que le jeudi. Et sans passeport, pas question de sortir du territoire chilien ce qui est bien dommage car il y a Emilie à Salta et Julien à Mendoza en Argentine… On ne peut pas non plus me refaire de permis de conduire, il faut que j’attende de rentrer en France.

 

Je vais profiter de ce temps pour visiter le Chili croyez-vous ? Et ben non, car j’attends aussi l’arrivée d’une nouvelle carte de crédit qui me donnera un peu plus de liberté. Car sur l’argent d’Iquique, le bus et un nouveau passeport aux mêmes tarifs qu’en France (90 euros), c’est raide pour vivre. Pour l’adresse de réception, quoi de mieux qu’une bonne sœur ? C’est juste que là bas, c’est un peu la zone, comme être perdue dans le 93. Au moins, on ne peut plus rien me voler…. Elle devrait arriver lundi 17, j’espère sans retard.

 

Deuxième mission : les lunettes. Parce que les lentilles c’est bien gentil, mais ça ne se porte pas 24/24h et je ne parle même pas des lunettes de soleil. L’ambassade m’a fourni une liste de médecins ophtalmologues français car oui, sans le Google traduction de mon téléphone ni mon guide de conversation en espagnol, c’est encore plus compliqué de se débrouiller seule dans une putain de capitale où ils ne parlent pas un mot de français ni même d’anglais. Avant d’espérer un rendez-vous, contact de mon assurance voyage santé mais bien sûr, ils ne prendront rien en charge, c’était vraiment la peine d’avoir une assurance en cas de problème !! Et quand à mes affaires, c’est pareil, je l’ai dans l’os. L’auberge prend le RDV pour moi et ô miracle, ici les délais ne sont pas de 18 mois mais dans l’après midi. 50 euros la consultation quand même (je rappelle que mon budget est de 37 euros par jour). Soit, de Docteur à Docteur dans la merde, j’espère avoir ma consultation à l’œil (c’est le cas de la dire, ah ah). Direction les supers quartiers richous de Santiago, ça me change un peu. D’emblée on me demande de régler la consultation avant même de voir le toubib. Alors comme j’espère bien négocier, je dis en français que je paierais après la consultation, comme ça se fait par chez nous. Et comme ils ne comprennent rien, ils vont chercher Jean Claude l’ophtalmologue. Et bien sûr, solidarité médicale oblige surtout après mon histoire qui attristerait n’importe qui, consultation for free. Ils ont un opticien dans le même immeuble et Jean Claude, merci Jean Claude, négocie les lunettes les moins chers pour le délai le plus court : 2 jours. Pour la monture, faut pas rêver, à ce prix là et sans assurance ni mutuelle, j’ai pris les moins pires. Encore 110 euros, mais 50 d’économisés avec la consultation. Du coup entre mes lunettes qui devraient arriver jeudi et ma carte lundi, dur de vadrouiller à 300 km de là.

 

Alors vais-je racheter ce qui m’a été dérobé ? Dur choix… Déjà parce qu’il ne faut pas rêver, 3000 euros ne vont pas me tomber du ciel, même si je ne suis pas contre quelques donations. Après, suite à un rapide tour des magasins chiliens, le constat est que le taux de change n’est pas du tout en ma faveur avec sur chaque appareil une différence allant de plus 50 à plus 200 euros !! Je pensais au moins me racheter mon téléphone Galaxy S5 mais j’ai vite ravalé mes ambitions en voyant les prix. Je ne parle même pas de mon Mac que j’avais eu en promo le black Friday. Quant à un appareil photo… un compact de qualité médiocre ?? Ou j’attends la Bolivie ou l’Equateur en espérant un taux de change plus avantageux ? Je vais donc me rabattre sur un téléphone de moindre qualité mais qui me permettra de palier à l’ennui avec livre, musique, Candy Crush, agenda, GPS, Wifi donc Skype, Facebook et quelques photos et lecture de films que j’ai encore sur des cartes microSD. Je garde les applications Google, ce qui m’a permis de ne pas perdre tous mes numéros de téléphone même si certains ont disparus. Et puis, il me faut un numéro de téléphone pour payer certains achats en ligne avec ma future carte de crédit, comme des billets d’avion.

 

Pour ma carte de plongée, contact de la FFESSM et certificat électronique disponible. Donc si j’arrive à aller aux Galápagos (vol le 1e Septembre), au moins je peux plonger à défaut de filmer avec la Gopro qu’on m’avait offerte pour mes 30 ans.

 

Quant à la suite du voyage, rien n’est encore décidé et sera conditionnée par la date d’arrivée du passeport. Les Galápagos, j’en rêvais, mais sans appareil photos… La Bolivie aussi, avec le Salar d’Uyuni et le Sud Lipez, La Paz …

J’ai donc 4 choix :

  • 1-     Rentrer en France dès réception du passeport.
  • 2-     Zapper les Galápagos et prendre un vol pour Buenos Aires et ne faire que la fin.
  • 3-     Zapper la Bolivie et gagner du temps avec un vol Santiago-Quito (mais des frais supplémentaires).
  • 4-      Reprendre là où j’en étais en décalant tous mes prochains vols et rentrer plus tard en France. 
  •  

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