Les geysers du Tatio

Préparez-vous, la journée a été longue.

 

4h du matin,… Ah non, ça c’est si j’étais parti avec les tours opérateurs du centre. Donc 10h du matin, je fais mes adieux à ma voisine de chambre et une fois de plus, je vais profiter d’un dortoir pour moi toute seule. Retour à la boulangerie française qui cette fois est enfin ouverte. Croissant, pain au chocolat et baguette, un vrai petit déjeuner à la française. A tel point qu’en voyant mon assiette, plusieurs sont allés par la suite faire un petit tour à la boulangerie. La cuisine est dehors, au milieu du jardin, le soleil chauffe doucement. Ah oui, car c’est le désert, alors au revoir les nuages!!

11h, départ avec le groupe du jour et notre guide Santiago, un chilien ayant vécu 25 ans en France. Dans le groupe, bah des français!! Pas très étonnant vu que l’hôtel est dans le guide du routard, et le guide, aussi… Deux familles de 4 et 5 personnes dont ma famille de l’auberge, 2 couples et 2 couples d’amis, un bon petit groupe. Dès le départ, ambiance Jacques Martin: « Bonjour, comment tu t’appelles? », « où sont tes parents? ». Faut imaginer…. Mais au moins ça a permis à chacun d’avoir un sujet de conversation pour parler avec les autres.

 

Début du périple vers les cactus géants au milieu du désert et de la montagne. On dit qu’il faut 1 an pour qu’un cactus grandisse de 1 cm. Ici, il y en a de 6 à 8m!!! Comme des vieux chênes chez nous, mais version chilienne. A l’intérieur ils sont en bois, moi je croyais que c’était creux, ou mou, ou liquide… Ils en font des cendriers en Bolivie… Balade dans le canyon, à la recherche d’une être mystérieux comme on nous l’avait annoncé. Chemin un peu casse gueule par endroit avec escalade de roche et glissage, mais pas de chute heureusement, surtout que malgré le désert, il y a quand même une rivière qui coule au fond du canyon!!

L’être mystérieux, je pensais que c’était peut être une bête, mais quand Santiago nous a dit qu’il était déjà là il y a 1000 ans, j’ai eu quelques doutes… En fait c’était un autre cactus géant, sûrement un des plus vieux de la région. En tout cas les paysages sont incroyables.

Pause déjeuner en milieu d’après midi, c’est l’heure de mon plus haut barbecue jamais entrepris, on est à plus de 3800m d’altitude. Vue sur la vallée et sur le volcan sacré, vénéré des Atacamènes. Au menu, vin du pays et en abondance s’il vous plaît, petite saucisse et sauce locale (tomates pelées, oignon, ail, coriandre), côte de porc et filet de boeuf saignant. On commence par le vin, ça délit encore plus les langues, on fait connaissance, bonne ambiance à la franchouille. La viande cuit, un régale pour mes papilles atrophiées par tant de disette (encore 2kg se sont volatilisés je ne sais pas où à ma dernière pesée à Valparaiso). Quelques histoires locales de Santiago pour agrémenter le tout, on en oublierait presque le pourquoi de l’excursion du jour!! Fin de repas au milieu du désert et premier effet de l’altitude sur une montée d’à peine 10m pourtant: on est 2 à avoir frisée le malaise vagale. On va y aller doucement, hein, d’autant que les geysers, c’est encore 600m plus haut.

On continue la route et on s’arrête régulièrement. Pas un chat ni un autre touriste sur la route, mais cette fois par contre, des vigognes en vue!!!! Les vigognes ce sont des genres de mixes entre un lama et un chameau, ils vivent au dessus de 4000m d’altitude. Curieux, ils s’approchent puis s’enfuient en courant. D’autres bestioles, des oiseaux en tout genre avec des sortes de canards et des sortes de mouettes, j’ai pas retenu les noms, mais vous aurez quelques photos.

Au passage un petit village perché et fermé en soirée car les touristes, c’est tôt le matin qu’ils arrivent.

Le soleil commence à descendre, on se rapproche des geysers mais d’abord, halte obligatoire aux sources d’eau chaude. Allez, en maillot svp, même si avec la lumière qui décline, la fraicheur arrive à grand pas. On nous dit de nous méfier, l’eau peut être bouillante par endroit. Bah au final on était tous regroupés en petit cercle, parce qu’elle n’était pas si chaude que ça, l’eau, même malgré les rares courants un peu plus bouillants!!! Même nos serviettes nous paraissaient trop loin, on a quémandé les non courageux ne s’étant pas baignés de nous les rapprocher, c’était assez drôle: « Papa, tu nous ramènes nos serviettes », « et la mienne, la rose, svp? », « euh je veux bien la blanche aussi », « en fait, vous pouvez toutes les prendre? ».

On se rhabille vite fait en s’emmitouflant bien de tous ce qu’on a de plus chaud, moi il va vraiment falloir que j’investisse un peu au marché artisanal local pour quelques chaussettes en poils de lamas!!! Par contre, un constat indéniable: nous sommes seuls. Alors on imagine ce que ce doit être tous les matins, après 1h30 de montée direct à 4300m qui doit bien faire mal au crâne, en plus d’être gelés dans la nuit, et agglutinés à une vingtaine d’autres vans…

 

Le soleil se couche, le spectacle va pouvoir commencer. Car si on y va le matin ou le soir, c’est que les geysers ne se voient qu’à cause des variations de températures. Le chemin est balisé, mais il faut faire attention où on met les pieds pour ne pas tomber dans de l’eau bouillante. Il y a eu pas mal d’accidents, et certains mortels. Pas très explosifs mais fumant à souhait, tout ça sur fond de coucher de soleil donnant des teintes ocres à la montagnes, ou quelques reflets dans l’eau. On a pas regretté d’être venu!!!

Nuit noire, il est temps de rentrer, c’est qu’on a de la route. A peine parti, 2 petits zorros, des renards, viennent aux geysers. Cool, mais le mieux étant le chauffeur qui s’écrit sur la route: « Una cometa!!! ». Même moi j’ai compris, et surtout, je l’ai bien vue!!!! Une immense comète qui a traversé le ciel tout le long, ouah!!!!!!!!!!! Le bol, d’autant que c’est soirée de lune pleine et l’observatoire astronomique est fermé.

 

 

Fin de trajet, éprouvant pour certaines et pour moi aussi. Personne n’est infaillible en montagne et l’association altitude, froid, faim, fatigue m’a été fatal: nausée assurée avec arrêt au bord de la route. Mais je n’étais pas toute seule!!! Il était temps qu’on redescende et que je me remplisse le ventre avant de faire un bon gros dodo, histoire d’être en forme pour l’excursion du lendemain! C’est qu’on est rentré sur les coup de 22h tout de même…

Laisser un commentaire