Parque Nacional Pan de Azúcar

Dans le bus, à un moment, un doute: et si finalement le bus arrivait aussi à 4h du matin? C’est que j’avais vu qu’il y avait 11h de bus pour y aller et d’après mes calculs savants: 17h 11h, ça ne fait pas 8h du matin ça… Bon je n’ai pas super bien dormi du coup, d’autant que les premières heures de berceuses du bus m’avaient achevé me faisant alors dormir comme un bébé, pour mieux être réveillée à 21h. Petite couverture à la demande, oreiller fourni, que de luxe!! Par contre je me serais bien passé du voisin obèse qui déborde de sa place…

 

8h donc, arrivée dans le bled paumé de Chañaral. Paumé, et dévasté récemment par les inondations, faisant se déplacer la « gare » routière dans une rue avec préfabriquée en guise de bureau pour les compagnies. Dès la descente du bus, mais qui vois-je de l’autre côté de la rue? Mais c’est mon couple franco-belge!! Ah ah, je vais pouvoir leur demander comment ils s’en sont sorti. Réponse: ils ont été déçu, pas de pingouins ni même une seule bestiole, c’est là qu’ils m’apprennent pour les inondations qui n’ont pas dévasté que la ville, mais aussi le parc national qui se trouve 30km plus au nord. Pour y aller, ils ont réussi avec le stop, après avoir refusé le taxi à 30000 pesos, et ils ont dormi dans le seul hôtel réouvert de la ville pour cher et pas confortable. Maintenant ils attendent le seul bus journalier qui se dirige vers San Pedro de Atacama, ma prochaine destination aussi. Bon, bah ça promet pour moi!

 

Première mission: réserver mon bus aussi, mais moi je préfère attaquer avec un deuxième bus de nuit plutôt que de payer une chambre hors de prix. Ma combine, c’est de m’arrêter à Calama, la grande ville juste avant SPdA, d’où y partent une vingtaine de bus par jour. Parce que Chañaral, c’est bien mignon mais je ne compte pas y rester 3 jours non plus. Bus réservé pour 23h, ça me laisse le temps de voir venir. Deuxième mission, déposer en consigne mon sac dépourvu de tout objet de quelconque valeur. Pas facile de me faire comprendre et encore moins de les comprendre eux. Mais j’arrive à déposer mon sac et je croise les doigts pour le retrouver à mon retour.

 

Troisième mission: quelques provisions pour ce midi et ce soir, avec de l’eau pour le désert. Quatrième mission et pas la plus facile: trouver un moyen de transport pour le Pan de Azúcar. Les bus ils ne connaissent pas, les collectivos (sorte de voiture-bus à trajet unique) sont en fait des taxis et ils ne demandent pas moins que 25 à 30000 pesos pour l’aller retour. Bah oui, logique, pas de touristes, les prix montent… Sauf que pour des excursions à San Pedro je veux bien, mais pour un parc dont on vient de me confirmer la non génialité, c’est niet. Pour moi ce sera stop sinon rien. Alors je tente (oui j’ose le stop et non je n’ai pas peur, ici, tout le monde fait du stop il n’y a pas à avoir peur.). Première voiture, elle me demande 25000 pesos pour faire l’aller retour. ??????????. Deuxième voiture, celle là elle me demande 20000!!!!!! Et la troisième, c’est le chauffeur du collectivo qui m’avait déjà abordé dès ma sortie du bus… Bon… Bah au pire je ferais une promenade en bord de mer et je vous ferais croire que c’était le parc!!!

 

Quatrième voiture, ce sera la bonne: ce sont 2 jeunes du coin qui s’en vont faire du bodyboard au parc. Première question qu’ils me posent et pas des moindres: est ce que je fume de la marijuana? Ah bah celle là je ne l’avais pas vu venir. Alors non, moi je me drogue au pinard mais pas au shit pourquoi? Ils demandaient juste parce qu’ils allumaient leur pétard. En voiture. Tout en me disant que ici, la route est dangereuse dans les virages. Bah voyons… Enfin, je suis arrivée vivante et non droguée au parc. Sur les sages conseils de mon couple franco-belges, j’ai évité de passer par les bureaux de la Conaf (entendez garde forestier du Chili, conservation national), et je n’ai pas payé les 4000 pesos. Oui c’est mal, mais je vois pas pourquoi il n’y aurait que les touristes assez bête pour y aller et payer alors que tous les locaux vont et viennent à leur gré. Et puis, j’ai fait comme si je ne savais pas. Quoi, ah bon, un droit d’entrée??

À peine arrivée, la route s’arrête brusquement suite aux inondations. Ce qui est assez drôle à voir du coup avec les panneaux de signalisations restés en l’état. Je me dirige vers la randonnée du Mirador. Aucun chemin, route défoncée… Paysage désertique et très calme, avec vue sur mer assez agitée. Des cactus, des cactus, toujours des cactus. Mais pas un lama, un renard, un zorro ou autre bestiole. Juste des papillons, des vautours, quelques pélicans sur la côte. That’s it. Quant au chemin, enfin chemin c’est un bien grand mot pour décrire un passage bordé de cailloux qui commence au milieu de nul part et qui fini aussi au milieu de nul part. Mais parfois une grosse flèche en pierre est tracée pour indiquer la direction…

 

Pas de pingouins non plus, ils sont partis pondre leurs oeufs… Et dur de les voir, ils sont sur le l’île en face, le Pan de Azúcar en forme de pain de sucre (eh, pas mal la traduction!!). Je ne vous donne pas le prix du bateau pour espérer les approcher sans être sûr de les voir, ça vous ferait mal aux yeux.

Fin de balade, je ne sais pas si la chance sera encore de mon côté pour le stop, alors je joue la carte sécurité en me disant qu’au pire, 30 km, c’est 6h de marche. Deux voitures me passent sous le nez sans que j’ai pu leur faire un signe, mer…!! 10km de marche s’écoulent tranquillement sans un chat, ou sans un lama devrais-je plutôt dire. Et puis, finalement une voiture arrive et s’arrête, ah…. Soulagement. Non pas que je ne voulais pas marcher 30 bornes, mais bon, on n’est pas en début de journée non plus!

 

Bah maintenant il ne me reste plus qu’à attendre la nuit, dans le froid… Avec ma cristal et quelques provisions…

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