Ouh là là que ça fait mal… Pieds en bouillis, jambes tendues de douleurs, elle va être sympa cette petite balade dans la forêt… On lève le camp, c’était la dernière nuit en tente. Il a fait nettement moins froid au bord du lac qu’en haut sur la crête!! Je laisse mes chaussures fermées qui m’ont tué les pieds au profit de mes nouvelles sandales qui me font toujours mal, mais à différents endroits, alors…
Allez, c’est parti pour 3h de grimpette pour rejoindre le haut du cratère pour mieux redescendre après. Je confirme, jamais on n’aurait pu faire cette partie hier. D’ailleurs, on n’a pas été les seules à camper au bord du lac cette nuit! A force de marcher, les courbatures s’en vont, mais on sent les 2 jours précédents qui ont été difficile. Monica toujours en tête, et moi toujours à la traîne.

Une fois arrivées au sommet, après déjà plus de 3h30, on commence la descente. Pause déjeuner en cours de route, on se réjouit du ballet des porteurs, parfois à peine âgé de 14 ans. En compétition, cuisine au feu de bois, contre plaque au gaz portable. Le vainqueur? A égalité!! Ils préparent à manger en coeur pour la fournée d’allemands qui viennent juste d’arriver. Noodles, omelettes, légumes, un classique ici.
Poursuite de la descente, un véritable enfer pour moi. On ne peut pas dire que l’adhérence de mes sandales soit vraiment au top et sur un chemin en pente et parsemé de gravillon, c’est juste pas possible. Tous les 10m je suis tombée en glissant, parfois simplement sur les fesses, mais des fois en me tordant la cheville et en me rapant assez fort les orteils. J’ai pris tellement de retard à avancer et j’ai tellement fait peur au guide, qu’il a fini par me prendre de force mon sac à dos que j’avais toujours refusé de laisser porter à ma place. Seulement 40 minutes qu’ils disaient…. Beaucoup trop long à mon goût… Puis c’est parti pour la forêt humide, je récupère mon bagage. Climat équatorial chaud et humide, mais surtout, fini les petits cailloux et bonjour la terre, les racines et l’ombre. Je descend du coup nettement plus vite, et ceux pendant encore 5h. Là, je commence à en avoir un peu marre et j’ai hâte qu’on arrive à Senaru pour en finir avec cette randonnée de l’enfer. Tout au long du chemin je n’arrêtais pas de dire à Padi: « what’s a fucking way!!! ».
La nuit tombe, enfin nous arrivons à Senaru. On est morte, mais il nous faut encore trouver un hôtel… Toujours des négociations féroces de la part de mes 2 comparses, et on trouve un trou avec 3 couchages et surtout une douche pour nous décrasser. Personnellement, la crasse était tellement incrustée que j’ai dû finir à la lingette en frottant comme une forcenée. Je ne parle pas de la lessive qui m’attend…
Au bilan, je ne peux plus bouger tellement tous mes muscles sont douloureux, je n’ai pas un doigt de pied sans une ampoule dessus ou dessous au choix, monter les escaliers est juste un supplice, et l’idée même de me dire qu’il faut bouger pour manger m’a coupé l’appétit. Le trek, super beau, mais NEVER AGAIN, même avec des bonnes chaussures ou un sac moins lourd. Je ne suis pas maso. Mais allez y, ça en vaut vraiment la peine de souffrir autant!! Du coup, je rêve de plage, de détente, de ne pas marcher, d’une bonne bière surtout après 5 jours d’abstinence, et à de la nourriture qui ressemble à tout sauf à du riz ou des noodles.
Fin de journée, on s’échange les photos avec Monica et Hana, et au dodo!!!