Mont Rinjani: de Sembalun au camp 1

Aïe, qu’est ce que je me les caille dans ma tente, emmitouflée dans mon duvet avec un t-shirt, un sweat, un deuxième sweat moumouté et ma parka, plus 2 paires de chaussettes et mes gants de plongée… Il est 20H  et je viens de finir de manger dans ma tente.

 

Mais revenons à ce qui m’a fait me geler les fesses alors qu’il fait normalement si bon le soir dehors.  Hier donc, on a organisé avec Monica et Hannah le trek de 3 jours et 2 nuits pour grimper au sommet du mont Rinjani, un des volcans les plus haut d’Indonésie et sacré qui plus est. La dernière éruption remonte à un certains temps, on devrait être tranquille. Il culmine à 3726m et la base de départ se trouve à 1156m, faites le calcul. L’objectif du jour étant d’arriver au premier campement à 2700m, en environ 7-8h de marche.

 

On prend donc un bon petit déjeuner ce matin avant de laisser notre gros sac afin qu’ils soient acheminés vers Senaru, notre point d’arrivée. On ne prend que l’essentiel, mais comme les températures annoncées au sommet ne sont que de 5°C, et que pendant la marche il en fait au moins 30°, il va falloir se couvrir. Les sacs ne sont du coup pas très légers…

 

Un guide et 2 porteurs nous accompagnent. Mais attention, les porteurs ne portent pas nos sacs bien sûr, mais tout le reste, à savoir: tente, sac de couchage, eau et nourriture pour 3 jours, ainsi que le matériel pour faire la cuisine genre réchaud, poêle, … Ce qui leur fait une moyenne de 30kg chacun, alors on ne va se plaindre avec nos 8kg…

On commence la route, d’abord tranquille dans la campagne montagneuse, puis de plus en plus pentue. Monica trace en tête, avec Hana, on y va doucement mais sûrement. Premier dénivelé de 800m avant la pause déjeuner dans la campagne. On n’est pas les seuls sur la route, mais on ne se bouscule pas les uns les autres. Tous ont des porteurs, et on hallucine un peu de voir à quelle vitesse ils avancent, surtout qu’ils sont soit en tong, soit pieds nus!!!! Le chemin est un mélange de sable, cendres volcaniques, terre et gravillons, un super mélange casse-gueule à souhait.

Pour manger, le cocktail de féculents: nouilles, riz et pommes de terre, agrémentés de légumes et quelques fruits. On ferait bien une petite sieste, mais le plus dur reste à venir, du moins pour aujourd’hui.La montée est raide et nous fatigue assez vite, mais on est rassuré de voir qu’on n’est pas les seules à souffrir!! Vivement les bonnes courbatures de demain.

Il nous aura fallu 8h avec les pauses pour arriver au campement, vaste mot pour désigner un chemin où chacun plante sa tente. Les porteurs sont arrivés avant nous (!!!!!!!!!!!) et montent les tentes. On voit le sommet du Rinjani qui nous attend demain, et il parait que ce sera le pire, surtout avec un départ en pleine nuit, à 2h du matin. De l’autre côté, le lac de cratère nous snobe avec ses nuages qui ne veulent pas partir. Au loin on voit notre bourgade de départ, la mer, et demain, on en verra encore plus. En attendant, on commence à enfiler nos épaisseurs car le vent est frais, et la température est vite tombée. Le repas se prépare, on nous demande si on aime le tofu. Non!!!!!!!! Déjà que je mange leur riz, il ne faut pas abuser des bonnes choses non plus. Je décline avec dégout leur symapthique proposition. A la place: nasi goreng (en gros du fried rice vegetable qu’on trouve partout en Asie: riz frit avec légumes), avec poulet (et là je m’inquiète de l’acheminement du dit poulet, dans la chaleur des 8h de grimpette). Un peu de thé bien chaud pour nous réchauffer et reprendre quelques forces avant le réveil demain. Le plus drôle étant de faire pipi à l’abri des regards, tout en ne se cassant pas la figure et surtout en ne tombant pas de la falaise, et sans se faire dessus. Car qui dit tente, dit toilettes sauvages. De quoi rafraîchir mon postérieur.

 

Allez, c’est pas tout de se tenir à jour en direct, mais c’est que je me lève tôt pour souffrir demain!!

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