Vendredi, départ du Homestay pour le port. Je rends mes clés, fais mes derniers adieux avant de partir. Le bateau en direction de Sape sur l’île de Sumbawa est prévu à 8h, le rendez vous est donné à 7h car paraît-il, il part parfois en avance, mais au final, il est parti avec plus d’une heure de retard. Pas d’importance pour moi, car de toute façon, je vais passer ma journée et ma nuit dans les transports.
Le bateau est aussi peu confortable que ce que je m’attendais. Une sorte de scène au milieu de la grande salle fait office de place pour s’allonger et les locaux se précipitent dessus: je fais de même. Le trajet va durer environ 7h, alors autant prendre ses aises. Je me retrouve dont au coin de la scène, entre 2 familles avec enfants plutôt turbulents. Quelques européens, mais pas des masses.
Le trajet se passe, je me fais un petit sandwich pain-rillettes de thon, ma dernière boîte. Vivement le dernier ravitaillement par Caroline! On débarque sportivement vers 16h, puisqu’il faut passer d’abord sur l’autre bateau qui est juste à côté et qui lui, a un accès au quai contrairement au notre. Je suis 4 personnes qui ont l’air d’aller à peu près au même endroit que moi, à Lombok. L’union fait la force, mais surtout, comme ça j’ai moins de risques de me planter de bus. On escalade donc l’autre bateau qui se trouve en décalage d’un demi étage avec le notre, on passe d’abord les bagages par les fenêtres, puis nous. Personne n’ai tombé.
Je suis toujours mes 4 gaillards, ils prennent bien le même bus que moi, et j’apprends aussi qu’ils semblent vouloir aussi se diriger vers le volcan Rinjani. Je vais continuer à trainer l’oreille, on ne sait jamais.
On prend un premier Bémo , un mini-van local, version sans climatisation et fauteuils pourris vers Bima, puis un bus tout confort avec climatisation à la Philippine, alors qu’il ne doit pas faire plus de 20°C dehors. Je suis congelée dans le bus et même la pause diner à 1h du matin n’a pas réussi à me réchauffer. Mon oreille traine toujours, les 4 mousquetaires descendent à Labuan Lombok, tout à l’Est de l’île de Lombok en vue de l’ascension du mont Rinjani au lieu de descendre à Mataram comme prévu tout à l’ouest. Leur plan semble meilleur, d’autant que le camp de base avant le départ se trouve plus près de Labuan Lombok que de Mataram, je décide de les suivre et descend avec eux du bus.



On fait connaissance, ils sont tchèques et veulent se rendre à Sembalun pour l’organisation du trek, tout comme moi. L’idée de partager les frais les ravie, leur budget étant tout aussi limité, et ils n’ont rien organisé pour le moment. On est donc à Labuan Lombok, ils ne nous restent plus qu’à arriver à Sembalun. Il n’y a pas de bémo direct, surtout à 4h du matin. On en prend un premier pour Aikmel, puis un pick up pour Sembalun, tout ça nous a pris environ 6h… 2h d’attente à Labuan Lombok le temps de comprendre qu’il n’y avait pas de direct, mais comme les locaux voulaient tous chartériser un véhicule pour nous 5… Puis le premier pick up ne partait pas avant 8h… La nuit a été longue.



Dans mes tchèques il y a 3 filles: Monica, Lenka et Hana, et un gars dont j’ai du mal à retenir le prénom d’autant qu’il ne parle pas un mot d’anglais, tout comme Hannah. Moyenne d’âge, je dirais la quarantaine. En tout cas il est rare que je rencontre des gens encore plus strict sur le budget que moi!!! Négociation ferme de tous les prix, mais pour quelques centimes!
Première étape: trouver un hôtel. La bourgade n’est pas bien grande, et même si Sembalun est le point de départ de l’ascension au sommet du Rinjani, il semble que personne ne fait étape ici… Apparement, les touristes réservent leur excursion de Mataram, de Bali, des îles Gili ou de Senaru, autre point de départ, mais pas d’ici. Ce qui complique légèrement les choses. Quoiqu’il en soit, même si tous les hôtels sont vides, ils n’en sont pas moins chers. Heureusement, j’ai retrouvé mon cher et tendre GdR qui nous a dégoté LA petite pension cheap et propre. Pour plus d’économies, on fait une chambre de 2 et une chambre de 3, mes compagnons tchèques ne me lâchent pas!
Deuxième étape: organisation du trek, et là, ça se complique. Au début, les 4 étaient motivés pour l’ascension en 3 jours et 2 nuits avec retour sur Senaru au nord du volcan (nous on est à l’est) pour faciliter après l’accès aux Gili Island. Mais la difficulté importante annoncée du trek a fait décourager le mec du groupe, une ne veut faire que 2 jours et une nuit ce qui est déconseillé dans le GdR, les 2 autres se tâtent entre toutes les options. Et tout ça en tchèque bien sûr autant vous dire que je n’ai pas tout suivi!! Mais je leur ai sorti les 4 mots de tchèque que je connais à savoir: tcherna kouchka, zmrzlyna, et nasbredanaw (orthographe à vérifier) ce qui veut dire: chat noir, glace et au revoir. Pas très utile dans une conversation mais quand même!! Bon par contre je ne leur ai pas dit que MarieKat avait écrit une chanson sur Prague et notre voyage en tchèquie après notre Erasmus… Mais je me la fredonne dans ma tête: « Voyage en tchèquie, à pied en train à dos de Jiri…. Après les communistes, na na na na … ».
C’est l’office du tourisme qui devrait organiser le trek. En tout cas, la maquette dans le hall nous fait rêver, et un peu peur en même temps…




Je fais le tour des guests en vue d’avoir plus d’informations sur le trek, ou tout simplement pour trouver des gens pour venir avec nous, mais c’est là que j’apprends que tout est vide. Les tchèques commencent à se tourner vers le trek de 2j, moi je veux faire celui de 3 jours, je commence à demander à rejoindre un groupe venant de Mataram ou autre.
Et puis finalement Monica et Hana se décident à partir avec moi, les autres restent sur la réserve. On ne sera que toutes les 3, ça m’a l’air compliqué ici de trouver des gens pour venir avec nous. Les filles négocient ferme les prix alors qu’ils sont déjà annoncés bien moins chers que dans mes 2 guides… Tout sera inclus: guide, porteurs, tente et sac de couchage, repas et eau. Ça y est enfin on réserve, départ demain pour 3 jours sans douche et X heures de marche dans des conditions très difficile, je m’en réjouis d’avance!! C’est bien parce que la vue annoncée de la haut à l’air d’être vraiment inoubliable, car je sens que je vais la sentir passer cette randonnée en enfer…