Quelle merveilleuse nuit dans ce sleeping bus au fauteuil en sky rouge et jaune, inclinable jusqu’à écraser les pieds de mes voisins de derrière et juste assez large pour ne pas empiéter sur ma voisine française fort sympathique. Pas de place pour le sac à dos au pied de la couchette, dans le couloir on n’en parle même pas, des matelas de fortune ont été déposés pour les passagers en surbooking… Mise en place des boules quies, et au dodo! La route est chaotique, mais je le savais déjà, l’ayant faite dans le sens inverse. Juste une petite prière pour que les feux du bus ne fonctionnent pas comme en Birmanie, car dans la montagne, ça ne pardonne pas!! On va dire que ce n’était pas vraiment le genre de bus auquel je m’attendais, mais ma voisine me dit qu’elle a déjà eu bien pire, comme sleeping bus…
Soit, arrivée matinale avec 4% de batterie sur mon téléphone, embêtant comme ma réservation est faite sur booking et que bien sûr, je n’ai rien noté nul part… Hop, j’écris vite fait le nom et l’adresse de l’hôtel et je me vois demander de partager un taxi pour aller en ville: parfait! Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, je me fais déposer un peu par hasard mais aussi à mon plus grand plaisir, pile en face de l’hôtel! Si ça c’est pas un coup de bol!! En plus ma voisine de bus est dans le même hôtel, et on ne le savait même pas.
Petite attente avant d’avoir le lit (oui, lit et non chambre puisque je suis en backpacker), le temps de prendre une douche, avaler un petit déjeuner et regarder les prix des plongées en Thaïlande.
Je pars ensuite à la découverte de la ville, car bien que les temples de Luang Prabang ne m’aient pas emballé, j’avais repéré 2-3 choses à voir, plus ou moins éloignée. Location d’un vélo directement à l’hôtel, de loin mon moyen de transport préféré.
Premier temple: Wat Sisaket. Aaaahhhhh, enfin quelque chose d’un peu différent! Un temple central entouré de galerie où des centaines de niches sont remplies de 2 bouddhas. Ambiance relaxante tout le long, pas de droit photo pour l’intérieur du temple, mais c’était le même principe. Moins de touriste, temple non payant, je retrouve le sourire.
En sortant, des moines sont présents. Je me fais discrète, mais un des moines vient me parler. J’en ai profiter pour le mitrailler de questions, afin de voir si les coutumes du Laos sont les mêmes que celles de Birmanie. Réponse: quasi! Eux aussi se font moines souvent le temps d’aller à l’école, ils ont aussi 10 règles à suivre (27 quand ils sont moines confirmés, 5 quand ils sont novices), ils sont subventionnés par les dons et la nourriture est apportée par les offrandes des habitants le matin. Deux prières obligatoires à 4 et 18h… On a bien papoté 30 minutes 🙂 Déjà il doit me quitter, c’est l’heure pour lui d’aller manger, car passé une certaine heure, ils ne peuvent plus rien avaler, règle bouddhique!
Poursuite de mon exploration par l’hôpital de Vientiane. Non pas que je sois férue de ce genre de visite, mais ma rencontre avec Philippe mon patient de Vang Vieng m’avait laissé un peu perplexe. En effet, vivant au Laos et étant marié avec une Laotienne, il a déjà fait l’expérience du système de santé local. Ici, quand tu dois aller à l’hôpital, il faut toujours être accompagné. Par pour une histoire « d’étranger » et « locaux » mais parce que si personne ne t’accompagne, qui ira chercher les médicaments à la pharmacie du coin que le médecin a prescrit? Qui demandera à l’infirmière, moyennant un petit pour-boire, d’effectuer les traitements fraichement rapporté? La nourriture, les couvertures, le ventilateur, le linge…. Tout est apporté par la famille. Pas d’argent, pas de soins. En cas de chirurgie, s’il y a besoin d’une transfusion, c’est à un des membres de la famille d’aller chercher une poche de sang, préalablement prélevée sur le patient, dans un local dédié mais pas nécessairement à l’hôpital (le local peut être à 15 minutes de route). Du coup, dans les chambres, c’est une vrai fourmilière où la famille du patient vit à l’hôpital en même temps que le malade pour palier à ses besoins…
Du coup je voulais voir ça par moi-même. L’hôpital est pavillonnaire et les différents services assez bien indiqués, comme le montrent les panneaux. J’adore les subtilités pour les différentes chirurgies… Je vois qu’il y a un service de gastro-entérologie, c’est l’occasion ou jamais. Au début je n’ose pas trop, c’est vrai que je ne fais pas trop couleur locale. Les couloirs sont grand mais pas très encourageant. Il y a de nombreuses et grandes salles d’attentes avec du monde dedans. Une infirmière par ci, mais personne ne me prête vraiment attention. Les portes des chambres ont une large fenêtre qui laisse entrevoir tout ce qui se passe à l’intérieur. Chambre de 6 lits, malades qui ont l’air bien malade, propreté douteuse, famille au pied du lit. Quand une infirmière est dans la chambre, il y a tout de même un petit rideau… La salle de soins hérisserait les cheveux de l’ARS, je ne parle même pas d’accréditations. Sur un mur, un poster comme on en voit chez nous, sur les conséquences de l’hélicobacter pilori au Laos. Sans commentaire vu ma visite. Je sors l’appareil photo, personne ne me dit rien. J’aimerais bien rencontrer un médecin, je demande à l’infirmière, puis un un interne (ou un externe??). Je rencontre un docteur, je lui explique que je suis moi-même gastro-entérologue et que j’aimerais observer si possible. Oui oui…. Mais on est samedi, c’est la garde, il faut revenir lundi…. Gggrrrr….
Nouveau temple, le Wat Simuang. Tout simple, mais rempli de sérénité. Peu de touristes et beaucoup de fidèles qui viennent remercier bouddha d’avoir exhaussé leurs voeux avec une bougie et des fleurs en offrandes (et ramassés à peines quelques minutes plus tard par un gardien, mis à la poubelle, cire grattée, pour laisser la place aux nouvelles offrandes), se faire dire la bonne aventure avec un jeu de bâton, ou prier avec un bracelet autour du poignet posé par un moine, le noeud devant rester 3 jours pour que le voeu s’exhausse. Je m’y suis beaucoup plus! Pas de voeu pour moi, je fais déjà un tour de monde…
Je continue vers le temple le plus célèbre, le Wat That Luang, présent sur tous les calendriers du Laos. Mais au passage, l’arc de triomphe version Laos!
Au temple: … un peu austère… Heureusement il y a un bouddha couché avec des pieds moins travaillés.
Sur le retour vers le centre, car le dernier temple était un peu loin, je cherche le marché pour manger. Je passe par le « mall », exploité que sur 2 des 5 étages, et rien de bien extraordinaire. Je tombe sur un petit marchand au milieu de nulle part, crêpe de soja, oignons et viande non identifiée. Délicieux!
Puis, tadam… Le stupa Tha Dam (facile, mais Camille serait là, elle me l’aurait faite cette blague). Ou plutôt le rond-point stupa. Délaissé par la population mais très mignon. Encore quelques temples avec moins d’intérêt puis retour au dortoir pour écrire mes aventures. Le bouddha park ce sera pour une prochaine fois, demain départ pour le Vietnam.
Nouvelle arrivée confirmée de Cyrielle du 19 avril au 1e mai aux Philippines, la journée finie en beauté!!